Une fois n'est pas coutume, c'est jesuislenain alias Nicolas alias "le cousin de Rémi" qui écrit en ce lieu ô combien imprégné de sagesse, osant, de par cet acte ignoble, souiller ce sanctuaire.
Mais pourquoi ? (c'est vrai ça, il vient faire quoi cet ahuris ici ??) Tout simplement par ce que je n'ai aucun endroit pour exprimer ce qui se passe en ce moment, moment auquel Rémi est plus que jamais associé.
Là, je te sens (tu permets que je te tutoie lecteur ?) (Non ?) (Bon, je vouvoie alors ...)
Là, je vous sens plus intéressés. Que se passe-t-il ?
Commençons par le commencement... plantons le décors...
Nous sommes Dimanche après-midi, chez moi, à La Bédoule (lieu non reconnu comme ville, encore moins comme village, étant perdu quelque part entre le Pôle Nord et le Pôle Sud). Nous fêtons en famille l'anniversaire de mon frère (et je répugne à dire "mon", ce sera donc "du") ainsi que celui du dernier petit cousin : Michel, 2ans.
Qui avons nous donc, dans cette belle famille qui présente si bien ? La grand mère, seule survivante du couple qui donnait naissance, il y a bien longtemps, à mon père et ses deux s½urs.
Tous ces êtres liés par le sang sont présents, accompagnés, pour la plus jeune, de sa fille et de son fils (Rémi) ainsi que de son "copain" (et oui, le divorce tue maintenant deux couples sur trois, réduisant à néant bien des espoirs...).
Le fils, il est chez lui. C'est mon père, entouré (plus ou moins contrains) de ses deux fils (le frère et moi-même), de sa copine (encore et toujours le divorce) et de ses deux chiens (cités ici car ils ont plus d'importance à ses yeux que ses fils ratés).
La plus vieille, mère du tout fraîchement débarqué Michel, n'est pas accompagné par son mari (que l'on voit brièvement, s'il daigne venir aux "réunions familiales"), ni par sa fille (qui "révise le bac").
Enfin, une femme que je n'avait jamais vu (en fait non, je l'avais déjà rencontrée, mais bien trop jeune pour que je m'en souvienne) qui n'est autre que la cousine de ma grand mère.
Voilà donc tout ce joli monde assis autours d'une table suffisamment grande pour tous nous accueillir, festoyant, riant, se racontant les dernière anecdotes. "Quoi de plus normal ?" me direz-vous. Et bien regardons de plus près, en détail.
Quelque chose cloche, tout est trop beau. Le cliché, si rapidement mis en place, est bien vite mis à bas.
L'aînée, qui parle si joyeusement avec la doyenne sa mère, ne se rend même pas compte de l'inutilité de ses dires. Qui se soucie de l'indice de sa crème solaire (45 minutes), des fraises (15 minutes) ou encore des couches culottes (30 minutes) ? Elle est passée à coté de tout ce qui aurait du rendre sa misérable existence moins banale et ce durant toute sa vie, réglant son horloge sur le monotone tic tac d'un métronome oublié près d'un piano poussiéreux. Elle est seule ici, se raccrochant désespérément à sa mère, comme elle l'a toujours fait. Son manque flagrant de lucidité l'a fait rater l'éducation de sa fille déjà engagée sur le sentier de la dévalorisation.
Sans parler de son second enfant, Michel. Le pauvre, comment réagira-t-il quand il apprendra qu'il n'à été conçu dans le seul et unique but de provoquer un divorce qui n'aura jamais lieu ? "Tu n'es qu'une erreur, un outil n'ayant jamais servi, une objet pas assez utile pour aider à la réalisation d'un but minable." A dix ans, son vieux père qui a l'age de sa grand mère sera mort, laissant seule sa mère abandonnée depuis longtemps par sa fille. Comment fera-t-elle ? Mais comme d'habitude voyons, elle fuira et demandera de l'aide à la grand mère, si la Mort ne l'aura pas emportée. Je le plein.
La grand mère justement. La seule innocente de toutes ces personnes, a vu toute sa progéniture rater leur vie de couple. Deux divorces, un mariage raté, quel tableau... Tu méritais mieux mamie...
L'hôte maintenant. Celui qui accueille ici ses proches. Celui qui tient à tout prix à bien paraître. Parce qu'en ce monde, dans ce pays, dans cette foutue société, le paraître importe plus que l'être, l'on nous juge sur les apparences et non pas sur les actes. Regardez le, à étaler son soi disant bonheur partagé, sa réussite sociale. Il expose sa famille reconstituée avec succès. Succès dites-vous ? J'en doute.
Sa copine bientôt au chômage est plus un boulet qu'autre chose. Mais un boulet malin. Ses désirs sont des ordres, mon père est soumis, prêt à tout pour ne pas perdre une femme qu'il n'a rencontré (sur un site de rencontre dès que me mère à songé au divorce ... belle mentalité) dans l'unique but qu'elle s'occupe des taches ménagère, et de pouvoir tirer son coup sans devoir débourser un euro...
Son fils aîné, qu'il désir voir quitter pour avoir une bouche de moins à nourrir, a planifié son suicide depuis quarte ans déjà. Passé tabou, présent douloureux, avenir improbable, il n'est qu'amas de regrets.
Le second fils, le préféré, gâté pourris depuis sa naissance, étouffant son frère dans l'océan d'amour qu'il lui a volé, en veut toujours plus. Il est hors de control, l'Autorité Parentale n'existe plus pour lui (ou plutôt n'a jamais existé) et le père ne peut rien faire. Son fils se drogue, fume, sèche les cours, fout en l'air sa vie, à ma grande joie. Il insulte, critique, crache sur ses parents et comment répondent-ils ? Ils lui offrent un nouvel ordinateur, dont le prix correspond à une année de labeur pour le modeste lycéen que je suis. Paradoxal non ? Un jour, il faudra bien que ça change. "Les révolutions se font dans le sang, et la liberté ne se gagne qu'au prix de multiples sacrifices." C'est ce à quoi songe son "très cher frère".
La dernière fille maintenant. Ma tante. La mère de Rémi. Mon cousin l'a maintes fois citée, décrite, examinée, jugée même, mais je vais tout de même exposé mon point de vue. Mariée à un homme que beaucoup auraient jugé "mari parfait, père exemplaire", elle se permet de jouer les libertines et de foutre en l'air la vie de son fils et de sa fille. Encore une fois, le divorce est prononcé. Comme toujours, les enfants sont dénigrés. Travail, copain, nouvelle famille, tels sont ces nouveaux centres d'intérêt, oubliant le fruit de sa chair, ses enfants. Ou plutôt, les sacrifiant au profit de sa propre personne : tout est bon pour réussir et bien paraître. Tu es bien la s½ur de ton frère.
Nous sommes donc attablés, Rémi et moi, attendant que ce coulis d'hypocrisie cesse pour aller nous réfugier dans ma chambre. Gâteau dans une main
(fait par ma grand mère, s'il y a bien une chose qui n'a pas changée en 18 ans ce sont ses gâteaux), tasse de café dans l'autre. Les bougies sont soufflés, les principaux intéressés félicités
(sauf par moi, le frère n'ayant pas le droit à mes v½ux), les cadeaux donnés
(mon père m'avait "conseillé" d'en offrir un au frère, peine perdu..., to be continued) et la part de gâteau fini. On ne va pas s'éterniser,
trop de bonheur tue le bonheur, rejoignons le monde réel.
Dans ma chambre, nous sommes seuls.
Enfin.
Loin de l'hypocrisie pourtant exposée à moins de cinq mètres de nous. Loin de ces êtres tant désespérés que désespérant.
Nous rions, nous regardons des vidéos, nous parlons par msn. On regarde les photos prisent ce weekend, passé chez une copine.
Ah oui, ce fameux weekend, parlons en ...
... "T'es libre ce weekend ?"...
...
..."Non, je ne pourrais pas, trop de boulot"...
...
..."Te fous pas de moi, me dis pas que tu bosses après 7h30 !"...
...
..."Bon, où et quand ?"...
*victory is mine* --> le cousin sera des nôtres <-- *negociations cleared*
Une après midi passée avec un
ami retrouvé, un sentiment depuis trop longtemps
abandonné mais finalement
ressuscité, une ambiance de
nostalgie teintée d'un
plaisir pour une fois
non inventé.
Un cheminement sportif vers une maison perchée bien haut sur une colline. Mais le jeu en valait la chandelle, la suite vous le montrera...
Une jeune demoiselle perdue. Son accent délicieux parfaitement accordé avec sa voix. Une bouteille d'un grand cru à la main, encore empaquetée. Elle aussi devrait être en train de s'amuser. *Inquiétude* On va pas la laisser là, seule, à cette heure quand même ?
"On va appeler une amie, elle habite le quartier. T'as du forfait ?"
...
"Une amie habite juste là, ne bougez pas, on va chercher un plan."
...
"Voilà, c'est là !"
...
"Merci beaucoup."
On ne la connaissait même pas, la nouvelle de son éventuelle disparition ne serait probablement pas parvenue à nos oreilles. Et pourtant...
Des remarques, répliques, reproches lâchés. Mais vite étouffés par la joie d'être à nouveau parmi eux.
[Piscine] VS [Cuisine]
Ce sera cuisine, pour une fois que l'utile allie l'agréable, on ne va pas se priver.
"Manger, c'est vivre"
Qu'est ce qu'on a pu vivre ce soir !
La piscine prend sa revanche, mais pas Rémi. Cette fois-ci encore je resterais invaincu, mais la victoire à un goût amère. Tu n'étais pas à fond non ? Mais tu t'es amélioré quand même. A suivre ...
[Le reste sera passé sous silence]
La nuit. Celle-ci ne déroge pas à la règle. Sommeil trop léger pour une maison en fête. Soucis trop importants pour dormir. Le sommeil sera bref, le conseil tant attendu ne viendra pas.
Réveil, petit dej'
C'est fou. Je ne savais pas qu'une vieille (oui, je l'insulte, je le lui dois bien) puisse se changer en avion. Mach3 atteint en 10 secondes pour éviter une agression imaginaire, c'est un renseignement de perdu. Et non, nous n'en avons pas trouvé dix en échange..., mais plutôt dix minutes de marche en plus.
Piscine le retour. Retour de mon appareil photos aussi. Un an que je ne l'avais utilisé, il fallait rattraper le temps perdu.
Que de bons souvenir en perspective. Que de poses sexy, que de beaux gosses, de lovers, de sexygirls et autres marches d'échelle.
Puis on se quitte, pour aller à la réunion de famille, aux anniversaires.
Tout à bien changé en dix ans.
Fini ces pièces de théatre improvisées.
Fini ces guerres de duplo.
Fini la joie naturelle d'être tous ensemble.
"Tsuru, tsuru, tsuru"
Les temps changent, la famille aussi.
Dis cousin, tu te souviens du bon vieux temps, de l'insoucience. Oui ? Moi aussi. C'était bien hein? C'était pas compliqué avant...
Bon, allez. On a une revanche à prendre sur la vie. On est encore vivant, autant en profiter pour faire quelque chose de constructif.
On y va ?